13 January 2017
Gilles MANUEL BUCHARD - Chef de Projet éditorial

Avocats, juristes : condamnés à devenir "geeks" vous serez !

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Episode 1 :  « L’ubérisation du droit : la digitalisation des métiers juridiques »

Comme dans de nombreux secteurs, l’ubérisation du droit est en marche ! Même s’ils sont loin de subir le choc des hôteliers et des taxis, les avocats doivent faire face également à l’arrivée de ces nouveaux entrants digitaux profitant de l’automatisation et de la dématérialisation, voire de l’intelligence artificielle. Aux USA, les Legal Tech représentent un marché de 400 Milliards de dollars et en France, les 600 % de croissance enregistrée en 2015 par Legalstart et les 500 % de Captain Contrat en attestent également largement. L’avènement de la justice prédictive, des smart contracts, legal bots et autres algorithmes vont accélérer cette nécessité de maîtriser un vocabulaire et un usage plus technique.

La pratique même du droit évolue, La Loi Numérique en est l’exemple, que cela soit par sa légistique innovante et coopérative ou par son évolution vers l’Open Data Juridique initiant l’ère de l’Open Law (cf également article L. 111-13 du code de l’organisation judiciaire). Par ailleurs, les outils des juristes et avocats sont bel et bien technologiques et digitaux. Je vous renvoie à l’enquête « The Looking Glass report » du cabinet Ebersheds qui met en exergue que « les directeurs juridiques du monde entier estiment qu’investir dans la technologie est une priorité stratégique pour améliorer l’efficacité et les performances des juristes d’entreprise. »

Enfin, l’interaction avec ses clients, ses partenaires…est résolument digitale. Impossible de passer à côté de Skype, de son smartphone, de sa tablette pour communiquer. La culture digitale d’immédiateté, de réactivité, de désintermédiation s’impose également aux professionnels du droit, réinventant d’ailleurs le rôle de leurs collaborateurs et assistants. Les cabinets d’avocats doivent gérer leur propre e-reputation, leur référencement et voire même créer de nouvelles offres, plateformes pour contrer les start-up qui se créent quasiment chaque semaine…! L’actualité se partage et se suit sur LinkedIn, sur Twitter ! Elle devient un véritable outil de communication et de notoriété. Plus encore, dans un monde connecté, l’information juridique n’échappe pas à la fameuse règle des 3V des datas : Vélocité, Volume, Variété. La veille juridique, si essentielle à ces métiers, est aujourd’hui digitale, il suffit d’observer les innovations des acteurs de ce marché et le succès que rencontre des nouveaux outils tel que le Lamy-Line de Wolters Kluwer depuis son lancement il y a quelques mois.

A l’heure où nos petites têtes blondes, digitales natives, apprennent à coder, les juristes et avocats deviennent des « geeks » comme cela s’impose à tous ! Ils se doivent d’intégrer les nouveaux codes et outils d’un monde en mutation pour développer leur performance juridique mais également leur performance « Business ». Et comme pour tous les secteurs, l’enjeu est de réinventer ou tout du moins adapter la façon d’exercer son métier en pensant « usage » clients internes et externes, et redéfinir son business model (un vocabulaire de plus en plus présent) autour de sa valeur ajoutée. Et oui, bien la définir, il faudra !